Les formules c’est bien. Les comprendre, c’est mieux ?!

Les formules c’est bien. Les comprendre, c’est mieux ?!

Quand on a commencé le cycle sur le PageRank - version "hard" - je me doutais un peu que ça allait faire grincer quelques dents. De la formule au kilomètre, par très accessible pour tout ceux qui ne seraient pas allés au bout du bout d'études spécialisées dans le domaine (presque tout le monde j'imagine - moi y compris).

Certes, Sylvain est un chercheur. Il est à l'aise avec les formules en tous genre. Mais pour ma part, je ne suis pas aussi chevronné en mathématiques. Si j'ai fait un cursus Math au lycée, j'ai ensuite fait lors de mes études supérieures de la médiation scientifique (vulgarisation) et du multimédia. Dès lors, si je ne blêmis pas en observant une belle équation, je suis toujours obligé de m'assurer du coin de l'oeil qu'elle ne va pas me sauter dessus !

Mais ce qui est amusant, c'est qu'on a vite fait d'être intimidé par les formules. Alors que finalement il n'y a vraiment pas de quoi. Quand elles sont bien expliquées - ou plus exactement que les idées derrières elles le sont - on comprend tout à fait leur intérêt. Je prends pour preuve les nombreux participants aux Masterclass Moteurs+SEO (étendue ou non), qui ont vu défiler quelques belles formules ("un nouveau surfeur aléatoire plus complexe ? Une nouvelle formule... plus complexe !") et qui ont finalement pu tirer l'essentiel de ces artefacts mathématiques, et ne retenir que cela : l'intérêt, pour le référenceur, ce n'est pas de calculer sans cesse des équations. C'est plutôt de comprendre les idées qui les régissent, et ainsi pouvoir mettre en pratique les concepts.

Par exemple, la formule du PageRank, prise frontalement, laisse souvent penser que tout est statique, alors qu'en réalité c'est une formule qui se déroule, qui se répète, jusqu'à obtenir un calcul qui finit par se stabiliser à chaque tour, avec une influence sur les chemins de liens.

Mieux encore, la formule, finalement, on s'en contre-moque. Ce qui est essentiel c'est la notion de surfeur aléatoire. Connaître la formule permet de faire des calculs si on le souhaite, de comprendre que c'est du solide, au delà du doigt mouillé. Et pourtant, en tant que référenceur opérationnel, on peut l'oublier sans sourciller et se concentrer - encore une fois - sur le surfeur aléatoire.

C'est là tout l'enjeu de la mission que nous nous sommes donnés : essayer de contribuer à faire évoluer le métier de référenceur web vers une approche mêlant davantage la théorie à la pratique. Il y a des algorithmes derrière les moteurs de recherche. On en connaît un certain nombre, même si les paramètres sont souvent inconnus. On peut les étudier pour comprendre comment la machinerie fonctionne. On en déduit beaucoup de petites - et grandes - choses pour l'opérationnel. Et on peut faire alors beaucoup de choix objectifs en s'appuyant sur la théorie et en ajoutant la grosse pincée d'expérience qui fait la différence entre les référenceurs.

Si la Masterclass Moteurs+SEO permet à chacun de compléter un bagage théorique souvent oublié et les implications de cette théorie sur la pratique (que ce soit une découverte totale, partielle ou une confirmation des pratiques), alors, la mission est accomplie. Les retours des participants nous indiquent que les formations sont  très accessibles, alors même qu'on y aborde des notions parfois compliquées. Et si nous continuons à améliorer cette formation sans arrêt, en fonction des retours des participants, elle est déjà bien aboutie et permet, je pense pouvoir le dire en toute objectivité, de faire le pont entre une théorie aride et formelle et une pratique avertie.

Rien ne vaut ce moment où il y a un déclic dans l'auditoire : une formule bien rude est au tableau, les bouches grimacent. L'idée derrière la formule est évoquée, quelques explications données, et aussitôt un grand soulagement se fait sur les visages, les yeux se mettent à pétiller : "c'est pour ça que quand je fais mon linking comme ça ça marche ?!", "Mais alors, ça veut dire que je peux faire...".

Mais ce n'est pas par hasard que tout devient finalement compréhensible. Les formules ne sont pas le point de départ des réflexions des scientifiques. C'est plutôt l'inverse. Il y a toujours au début une idée, compréhensible. Si cette idée est transformée en formule ensuite, c'est pour la formaliser, pourvoir la vérifier, et qu'elle puisse se transmettre de scientifique en scientifique via des publications. Le commun des mortels - moi y compris - n'y voit alors plus grand chose. Pourtant, c'est bien l'idée qui est prédominante. Il suffit de savoir la redire, l'expliquer, et tout devient aussitôt limpide. C'est ce que nous essayons de faire dans nos Masterclass.

Mais revenons-en à notre cycle sur le PageRank. Vous l'avez compris, on a mis beaucoup de disclaimers sur les pages concernées, nous savons que c'est un cycle très rude. Normal, c'est la copie presque tel quel, d'un chapitre de livre destiné à de jeunes chercheurs en Sciences. Vous imaginez le public restreint que c'est ? Pas d'inquiétude, donc, si tout n'est pas limpide. Mais ne prenez surtout pas peur derrière quelques formules. Ce qui doit être retenu se lit plutôt bien une fois qu'on a pris notre parti d'ignorer ce qui est calculatoire.

Amplifier le PR 1/3, permet de définir la structure qui permet le mieux d'optimiser le PR d'une page. Ce qu'on en retient, ceux qui sont venus à la Masterclass le savent bien. On a un beau schéma d'amplification quand on a des liens réciproques (cf. schéma du billet concerné), ou bien qu'on a des liens plus classiques et une page de boost. C'est tout ?! Oui, et c'est déjà beaucoup.

Amplifier le PR 2/3, permet de prouver que la meilleure façon de faire du linking est de faire un seul lien sortant par page. Et comme ce n'est pas du tout réalisable "en vrai", quand on travaille sur des sites, notamment à cause des éléments de navigation, c'est un résultat qui n'a pas beaucoup d'intérêt.

Mais finalement, vu le nombre de paramètres invisibles, changeants et inconnus, on est bien content de pouvoir s'attacher à quelques briques plus solides, quelques pratiques efficaces que les formules expliquent !

Comments ( 2 )

  • Le fonctionnement du pagerank et les explications que vous donnez sont intéressantes, mais il me semblait que le pagerank n’était plus mis à jour depuis un bon moment non?
    Après même si l’indicateur n’est plus diffusé il est certain que la logique reste applicable, mais n’est il pas obsolète de parler de pagerank ainsi?

  • Photo du profil de Sylvain Peyronnet

    Le pagerank (valeur de popularité entre 0 et 1) est toujours mis à jour, en permanence (temps réel). ce qui n’est pas mis à jour c’est le toolbar pagerank, qui est un indicateur marketing sans valeur qui vaut entre 0 et 10, ce n’est pas du tout la même chose.